Samedi 27 octobre 2007


Bonjour à tous!

Je suis désolé de me faire si rare en ce moment, et de ne plus venir vous visiter. Le temps me manque: je suis en pleins préparatifs de déménagement. En effet, après un passage de quatre ans en région parisienne pour raisons professionnelles, je vais enfin retrouver mes paysages de l'Est, ma famille, et surtout Tendre Amour.

Et puis, pour m'amuser et essayer autre chose (notamment un look qu'Over-Blog ne propose pas), j'ai créé mon site web. Peu alimenté pour l'instant, il ne le sera pas beaucoup non plus dans le mois à venir, en raison toujours du déménagement en préparation. Mais il devrait évoluer. Si vous voulez aller y faire un tour, c'est par ici:

http://web.mac.com/seb_metz/iWeb/Site/Blog/Blog.html





Par seb - Publié dans : Emotions
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Samedi 22 septembre 2007


    Une fois n'est pas coutume: ce soir je regarde TF1. La chaîne nous a gratifiés d'une chouette émission sur la musique des années 80.

    Les titres s'enchaînent sur l'écran, réveillant ma mémoire. Etrange chose que cette mémoire, qui plaque les époques éloignées d'une généreuse couche d'or... Les années 80, à nous autres trentenaires (criant quarantaine! comme un marin crierait terre! dans un bateau drossé à la côte...), nous paraissent un paradis perdu. Naturellement, on a vite oublié l'école, la voix qui mue, les premiers poils au menton et les sous-pulls électriques.

    Une euphorie me prend, qui n'a rien de poudreux; le passé surgit devant moi et m'entraîne joyeusement. Je me rends compte que je me trémousse sur mon sofa! Les chansons que j'écoute m'en rappellent d'autres, les chanteurs de cette époque, un peu vieillis, me font penser à d'autres visages; des titres ou des noms d'interprètes jaillissent de je ne sais où; ils devaient être dans un tiroir que je n'avais plus ouvert depuis longtemps. C'est presque inquiétant de s'apercevoir que beaucoup de choses en nous se passent (ou ne se passent pas, d'ailleurs!) en dehors du moindre contrôle de notre part...

    Je me rue sur l'ordinateur. Je clique sur la petite icône de Limewire, qui rebondit une fois dans le dock et s'ouvre quasi instantanément. En quelques instants, je pianote dans le champ de recherche les noms qui débordent en moussant de mon cerveau. Limewire file dans le monde entier me chercher mes souvenirs, qui deviennent vite des pourcentages de téléchargement, puis en quelques secondes viennent se blottir les uns sous les autres dans ma bibliothèque iTunes, sous la forme de titres que je n'avais jusqu'alors vus que sur des pochettes de 45 tours, il y a un paquet d'années...

    Je lance l'écoute... Pur bonheur. L'euphorie me reprend de plus belle. Si vous croisez ces jours-ci dans le RER un grand gaillard, les yeux dans le vague, avec des écouteurs d'iPod enfoncés dans les oreilles et affublé d'un sourire niais et permanent, c'est moi! Je risque de pas mal planer, avec Captain Sensible, Ryan Paris, Boney M,  P Lion ou Blondie, Indochine, Soft Cell ou OMD, j'en passe et des savoureux...









Par seb - Publié dans : Emotions
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Samedi 8 septembre 2007


    Ce blog sera en sommeil pendant une grosse semaine. Bonjour à tous ceux qui passent par ici.

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Mardi 28 août 2007



    Bien que je ne sois pas particulièrement fan des histoires de sagesse populaire [sous lesquelles croulent souvent nos boîtes mail: faites suivre cette histoire à au moins 8 personnes et vous connaîtrez un grand bonheur, etc, etc. (Ben tu sais quoi? Y'en a qui les font suivre)], bien que je ne sois pas fan, disais-je, j'aime bien celle-ci, pour sa vraie sagesse:



    Un fermier recoit en cadeau pour son fils un cheval blanc. Son voisin vient le voir lui et lui dit:  "Vous avez beaucoup de chance. Ce n'est pas à moi que quelqu'un offrirait un aussi beau cheval blanc !"

    Le fermier répond : "Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose."

    Plus tard le fils du fermier monte le cheval; celui ci rue et éjecte son cavalier. Le fils du fermier se brise la jambe.  "Quelle horreur !" dit le voisin. "Vous aviez raison de dire que cela pouvait être une mauvaise chose. Assurément, celui qui vous a offert le cheval l'a fait exprès pour vous nuire. Maintenant votre fils est estropié à vie."

    Le fermier ne semble pas gêné outre mesure; il lance: "Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose."

    Là-dessus la guerre éclate. Tous les jeunes sont mobilisés, sauf le fils du fermier avec sa jambe brisée. Le voisin revient alors et dit "Votre fils sera le seul du village à ne pas partir à la guerre, assurément il a beaucoup de chance."

    Et le fermier de répéter: "Je ne sais pas si c'est une bonne ou une mauvaise chose."


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Jeudi 16 août 2007

   


    On oppose toujours le surréalisme au réalisme.

    Un jour de 1934, sur une terrasse de café, Breton, poussant les hauts cris devant Caillois qui voulait ouvrir un haricot sauteur pour voir ce qu'il y avait dedans, a définitivement creusé un fossé infranchissable entre les deux points de vue. D'une part, ceux qui veulent laisser le charme opérer, d'autre part, ceux qui pensent qu'il faut tout analyser.

    Pourtant, à mon sens, il y a une troisième voie, beaucoup plus complète. La connaissance n'implique pas forcément la perte de la magie.

    J'ai beau savoir que les nuages sont des particules d'eau en suspension, cela ne m'empêche pas de toujours me balader le nez en l'air quand il y a de gros nuages blancs poussés par un vent léger...

    J'ai beau savoir que ces étoiles filantes sont des graviers pénétrant dans l'atmosphère à 50000 km/h et se vaporisant instantanément, je n'en suis pas moins capable de rester des heures sur le dos, à guetter la prochaine.

    J'ai beau croire qu'aucun dieu n'a déposé l'amour en moi, je n'en trouve pas moins miraculeux de pouvoir en éprouver pour autrui.

    La poésie de l'atome est quelque chose de grandiose; la beauté de la gravitation est sans limite; l'interaction qui lie entre elles les particules, et qui fait que le tas d'atomes que je suis reste d'une seule pièce, est à mes yeux plus belle qu'une toile de maître. Ce simple brin d'herbe, qui habite mon jardin, et son pote le caillou, juste à côté, me plongent dans des rêveries infinies, bien que je connaisse à peu près leur histoire.

    Le fait qu'une chenille habite ce haricot et le fasse se tortiller n'enlève rien à la magie. Bien au contraire. La magie réside dans tout ce que nous voyons, par le simple fait que ce soit là, plutôt que le néant. La magie est une partie de la nature.

   
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Lundi 16 juillet 2007



    La grande chanteuse classique en langue perse Parissa donnait un récital, ces jours-ci à Marrakech. Beaucoup d'émotions dans ces chants issus de poèmes soufis de Roumi.

    En Iran, elle a interdiction de se produire devant un public mixte...

    Pour immortaliser cet instant, Reza, le grand photographe du National Geographic, qui avait photographié le bon Massoud dans ses montagnes. Reza a été persécuté en Iran, gravement blessé, emprisonné. En prison, il fait connaissance avec tous ceux dont un régime totalitaire a peur: les intellectuels, les savants, les philosophes. Pendant qu'on le torturait, pour s'évader il pensait à la voix de Parissa, à ces poèmes soufis qu'elle chante si bien, avec tant d'émotion.

    Et là, sur cette scène, voir ces deux êtres qui ont connu la véritable souffrance, l'ont traversée, en sont sortis meilleurs, était terriblement émouvant. Le photographe tournait autour de la belle chanteuse, cherchant simplement le meilleur angle, parvenant dans son travail, modestement, à racheter le mal, comme un moine prie en travaillant humblement de ses mains. Parissa, pendant ce temps, chantait, les yeux fermés, perdue dans la profondeur des poèmes soufis, puis rouvrait les yeux lentement, revenant à elle presque péniblement.





   
   
Par seb - Publié dans : Emotions
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Jeudi 5 juillet 2007


    Le premier retour de ces vacances est un retour dans l'Est. Malgré le temps maussade, ce n'est pas si terrible. Le pire sera de rentrer en région parisienne, lundi, pour reprendre le boulot.

    Bah. Comme dit le bon Arnaud Desjardins, dont le dernier livre (entre autres) a bercé mes heures de glandouille au bord de la piscine, l'essentiel est en nous. Le temps qu'il fait, le métier que nous avons, toutes ces considérations extérieures ne devraient pas nous affecter outre mesure. Si nous faisons toujours tel ou tel boulot, c'est que nous le voulons bien, point à la ligne. Nous n'avons que trois solutions, devant chaque situation de la vie: l'accepter telle quelle, l'améliorer si nous en avons le pouvoir, ou fuir.

    Notre responsabilité personnelle, voilà bien la seule chose à cultiver. Quand nous aurons compris que tout ce qui nous arrive dépend de nous, nous aurons parcouru du chemin...

    Mais je m'égare. Mon but premier était simplement de déposer ici de nouvelles photos, toutes fraîches. Parce qu'il y a encore du chemin jusqu'à la paix intérieure, voici de quoi se raccrocher à des plaisirs tout extérieurs.









    Pascal, tu aimes mes abricots? Pour les arroser, je me suis arrêté à Mercurey, en remontant, et j'ai fait quelques provisions...





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Jeudi 14 juin 2007


    Je pars en vacances dimanche. Il était temps. J'aime partir en juin: l'été commence à peine, les journées sont longues, il y a peu de touristes.


    Ce blog sera donc fermé pendant trois bonnes semaines (sauf éventuel passage au café internet de Narbonne, pour quelques coms bronzés). Je vous laisse les clés, faites comme chez vous. Simplement, rangez avant mon retour!


    Je prépare tranquillement ma valise. L'iPod clipé sur l'élastique du boxer (because les voisins qui ont les fenêtres ouvertes, et que je ne veux pas déranger avec ma musique, que j'ai envie d'écouter fort), je m'active mollement. Sven Väth me murmure  "An accident in paradise" dans les oreilles, en déchaînant ses synthés, pendant que j'empile les tee-shirts.


    J'appelle Tendre Amour sur Skype: son beau visage apparaît sur l'écran, toujours souriant; ses yeux verts me regardent avec amour. Elle est superbe, elle rayonne. Elle est dans les préparatifs aussi, une multitude de choses traînent derrière elle, en toile de fond. Je la laisse. Elle croit que j'arrive samedi, elle sera surprise en me voyant débarquer dès demain.


    Je dois trier. Je sais pertinemment que je mettrai toujours les deux mêmes shorts, et les trois ou quatre mêmes tee-shirts, alors pas besoin de prendre autant. La voix grave de Sven Väth répète "Dein Schweiss". En rythme, je range une bonne moitié de ce que j'ai sorti. Je flâne au milieu de ce gentil foutoir. J'ai le temps.


    J'ai ressorti deux photos de l'année dernière, mais elle sont représentatives, et toujours d'actualité. Les palmiers auront peut-être un peu grandi.


    A bientôt...





Par seb - Publié dans : diogene.de.sinope
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Mercredi 6 juin 2007
   



   RER... Le train arrive dans ma gare de banlieue. Bruit strident du freinage. Des jeunes de cité vocifèrent. Des gens essayent de passer inaperçus, en disparaissant dans un livre, un magazine ou des jeux. Tout le monde a un MP3, pour s'isoler tout en écoutant de la musique. Une bonne façon de joindre l'utile à l'agréable. Pour ma part, je m'abstrais en général dans un bouquin, version poche pour voyager léger. Dans les périodes vraiment mysanthropes, je m'enfonce une casquette sur la tronche, la visière bas sur les yeux.
    Une grosse Black, complètement dépassée par deux gosses infects, renonce à ramasser (y a-t-elle seulement pensé?) les cochonneries qu'ils ont jetées à terre pendant une demi-heure en braillant. Ils ont bouffé des kilos de gâteaux et bu des litres de Coca.

    Métro...Un type s'époumone dans les couloirs, peut-être pour appeler un ami. Les stations entre Strasbourg-St-Denis et gare de l'Est retentissent de cris inarticulés: une population majoritairement noire hurle, on ne sait trop pourquoi. Les touristes, effrayés, croient à une bagarre, mais ici ce n'est que la vie quotidienne. Les usagers ont l'habitude, ils ne lèvent même plus les yeux. Le quai est luisant de crachats.

    Gare de l'Est. J'ai encore vu large: j'ai presque 45 minutes à tuer avant mon train. Mais bon, avec les grèves et autres imprévus, faut prévoir. Trouver un endroit pas trop sordide pour boire un coup. Quartier louche. Morceau d'ailleurs. Comment peut-il y avoir autant de monde? Des gens vont et viennent, dans je ne sais quel but. Certains me toisent, agressifs. L'agressivité devient une norme, accompagnant presque systématiquement l'individualisme. Au mieux on a droit à de l'indifférence, ce qui me convient tout-à-fait.
    Je jette mon dévolu sur une brasserie bien parisienne, bien jaunâtre, comme je choisirais une payotte en Corse ou un bouchon à Lyon. Et là, dialogue surréaliste avec la femme d'une cinquantaine d'années, aux cheveux filasses, qui place les clients:
- Bonjour, la salle non-fumeur, s'il vous plaît?
- Alors... Elle est là-bas. Mais je ne vous conseille pas d'y aller, parce que comme elle est près du bar et que le bar est fumeur, elle est toujours enfumée. Non, vous devriez plutôt vous mettre dans la salle fumeur, mais tout là-bas, voyez? Avec un peu de chance, vous ne devriez pas avoir trop de fumée. Ah, si, la petite dame fume. Bah, elle sera pas juste à côté de vous.
     Poussé par je ne sais quel démon stupide, je vais m'asseoir, en pensant très fort au 1er janvier 2008. Je sors de cet endroit vingt minutes après, délesté de 3 € 80 pour un malheureux Coca light servi par un type à peine poli, qui doit certainement se retenir en permanence de hurler que le monde entier le fait chier, et à qui j'ai tout de même laissé 20 centimes, poussé par un autre démon crétin. La femme aux cheveux blond terne me dit au revoir. Je sens la fumée.
    Je traverse la rue devant des pare-chocs impatients. Dans le hall, des bandes de "jeunes", arrogants et provocateurs, toisent les militaires en patrouille, sachant très bien jusqu'où ils peuvent aller.
    Le brouhaha formé par des milliers de voix est incroyable, dominé de temps à autre par les annonces trop polies de la SNCF. Mon billet est déjà composté, je vais tranquillement vers mon train. Je trouve ma place: un solo, toujours. Chouette, j'ai le fauteuil vert anis, j'adore.
   

    Le train part. La région parisienne me pue au nez. Je suis maussade comme un jour de bruine. Mais la distance qui augmente me détend. Le bruit de roulage me berce, me fait oublier l'atroce cacophonie de tout-à-l'heure. Mon moral revient. Encore un an ou deux à venir bosser ici, et je pourrai sans doute rentrer. Mon Mac s'allume silencieusement. Ecrire un peu, ajouter quelques mots à ce livre qui ne sera peut-être jamais terminé. Lire. Penser. Philosopher, même. Et puis, au bout de ces rails, ma terre. Les miens.









   
Par seb - Publié dans : diogene.de.sinope
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Mercredi 23 mai 2007







Sarkozy n’est pas du genre à traverser le Rubicon pour y pêcher à la ligne. Il ne mangera pas son chapeau. Il ne trahira pas ses promesses. Attachez vos ceintures, il va y avoir du sport. Il n’est pas impossible qu’il soit là pour dix ans et qu’il marque ce pays d’une empreinte durable.

Jean d'Ormesson.



Par seb - Publié dans : diogene.de.sinope
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